L'Inultchizz
Echo à ma résidence de territoire autour de Corcieux, ce numéro est le premier Inutile réalisé en entreprise. Je découvre la grande famille des chauffeurs de cars, des passionnés de tout poil.
LE SPECTRE DE L’AUTOCAR
Comment ça, le transport de passagers en bus peut être une marotte suffisamment dévorante pour qu’on en rêve la nuit ? Les difficultés rencontrées par Matthieu à la reprise de l’entreprise familiale, le marché volatile des lignes régulières qui fait la météo financière des boîtes du secteur, les transferts des chauffeurs stars – véritable mercato du volant – les incivilités de plus en plus fréquentes sur la route ou dans les travées du bus… Tout cela est surmonté au nom d’une seule passion, celle du transport de passagers. Oui oui, puisqu’on vous le dit : s’il arrive que le car hante, l’autobus peut faire rêver.
Ça n’est pas une blague : certains bouffent du car en barre. Nolann, 18 ans, chauffeur chez Tchizz, a chopé le virus tout gamin, alors qu’il utilisait le bus scolaire matin et soir pour se rendre et revenir de l’école. Aujourd’hui, il collectionne les photos desdits bus dans son téléphone : « Le matin j’ouvre mon volet, je vois mon car devant chez moi, je suis content. »
« Pour faire ce métier, il ne faut pas aimer conduire… Il faut adorer ça ! », surenchérit Thierry. Le constat est partagé par nombre de salariés de Tchizz, Ewan en tête : piloter un autocar est un métier passion. La soif de kilomètres ne souffre pas la demi-mesure.
Convoyeur de fond
Car conduire un bahut ne consiste pas simplement à passer des vitesses ou à tourner un volant. Si le boulanger pétrit, si le boucher découpe, si le pompier éteint des feux, le chauffeur, lui, accueille et soigne le relationnel autant qu’il pilote : « Les gens ne sont jamais les mêmes, faut savoir s’adapter. » Il ne fait pas que transporter, il convoie, il accompagne, il a charge d’âmes : en fait de roulant, il est un ange gardien. S’il doit avoir bon fond, il soigne également la forme. Car le chauffeur est aussi la figure de proue de la boîte : « De l’entreprise, beaucoup de clients ne connaissent que notre visage. On est comme une hôtesse de caisse dans un magasin. »
Dites-le avec le sourire
« Tchizz », la nouvelle marque des historiques « Cars Ferry », vient remplacer un paradoxe sémantique. Ben oui ! C’est soit Car, soit Ferry, il faut choisir ; on n’imagine pas une entreprise s’appeler « trains Zeppelin » ou « navires Lerail ».
Reste que l’entreprise familiale a su coller à son nom en filant le sourire à ses salariés et ses passagers. Faire profession du voyage, du mouvement, de la liberté, free from des ailleurs, est un sacerdoce. Plongez avec nous dans un numéro hors-série de L’Inutile spécial Tchizz, qui sent bon les disques de frein et le grand air.