Thillombois - Salon du livre
Un portrait, choisi au hasard dans la production de ce jour :
Marie-Hélène
Elle se fait un sang d’encre – presque aussi foncé que les bombes qu’utilise son garçon, depuis qu’il s’est mis au graffiti.
Des soirées passées à se ronger les ongles, inquiète, en se demandant dans quel dépôt de train le rejeton est entrain de zoner, quel crépi immaculé il a décidé de colorer, si elle va devoir aller le chercher au commissariat, une fois encore.
À chaque fois qu’elle le voit revenir, à l’aube, de la peinture sur les doigts et des tâches de spray plein le nylon de son survêtement, elle est soulagée… Même si elle sait qu’il repartira tôt ou tard.
Hier, il lui a dit qu’il préparait un coup, « son chef d’œuvre ».
Alors, lorsque le réveil a sonné et qu’elle a réalisé qu’il n’était toujours pas revenu, elle a cru défaillir. Son téléphone a sonné.
« Regarde par la fenêtre ! »
Au pied de l’immeuble d’en face, le fiston adoré, et sur huit mètres de haut, les lettres bariolées, traçant les mots suivants : « JE T’AIME MAMAN ! »